A propos de la prospective 2016-2019 de M. le Maire

A propos de la prospective 2016-2019 de M. le Maire

Le 15 avril, la salle de l’Espace Multi Loisirs était comble pour écouter le discours de prospective de M. le Maire.

Pour les années 2016 à 2019 (son mandat se termine au printemps 2020), M. Gadreau ne manque pas de projets, et les chiffres donnent le tournis : un total de 6,4 M€.

Chacun a pu lire ces chiffres dans la presse et se faire une première opinion sur l’amplitude de ces projets, leur opportunité et leur mode de financement en attendant d’en connaître les détails. D’ores et déjà, quelques remarques nous viennent à l’esprit.

Les grandes lignes de cette prospective :

  • Construction d’une salle omnisports à côté de l'école : 2 M€
  • Couverture d'un des terrains de tennis dans la pinède de La Palmyre : 0,3M€.
  • Aménagement de la halle des Mathes, ajout de boxes commerciaux et d’un DAB : 0,4M€.
  • Réfection de la place de la Fontaine à La Palmyre : 0,6 M€.
  • Réaménagement du square de l'Océan (accès à la plage): 0,5 M€.
  • Aménagement de la route de la Fouasse (avec pistes cyclables et voie piétonne) : 1 M€
  • Renforcement des digues : 0,4 M€
  • Frais d’entretien, voirie (pistes cyclables) et équipement : 1.2 M€

Ainsi on arrive au total de 6,4 M€, à répartir jusqu’à fin 2019.

Comment financer ces projets alors que les dotations d’Etat diminuent, et que le produit des taxes de séjour ira en grande partie à la CARA qui acquiert la compétence touristique dès 2017, même si théoriquement ce transfert ne doit pas avoir de conséquence sur la trésorerie ? M. le Maire projette :

  • ·         d’optimiser les charges de fonctionnement et la gestion de la commune.
  • ·         d’augmenter les taxes d’habitation (de 5,9 à 6,5%), foncière (de 11,18 à 12,5%) et sur le foncier non bâti (de 11,1 à 12,24%) : soit un apport supplémentaire cumulé jusqu’en 2019 de 0,6 M€. M. Gadreau justifie cette augmentation par la modestie des taxes prélevées par la commune par rapport aux communes voisines (voir Bulletin Municipal de juillet 2015, p. 9).
  • ·         et d’emprunter pour éviter de taper dans le patrimoine de la commune, comme on le faisait précédemment (que reste-t-il de ce patrimoine ?). D’après M. le Maire, les banques y sont disposées car la commune n’est pas endettée, et les taux sont particulièrement bas.

Une seule industrie : l’économie touristique !

Philippe Gadreau l’a dit à plusieurs reprises au cours de cette soirée : « nous n’avons qu’une seule industrie, c’est l’économie touristique ». Et c’est ce concept qui justifie les investissements lourds projetés pour la fin de son mandat.

Mais le terme d’industrie fait froid dans le dos. Certes, on ne peut pas nier la nécessité d’assurer l’avenir économique de la commune et de ses habitants, et nous ne vivons pas dans une cité industrielle. Mais on ne peut s’empêcher de faire quelques analogies. On imagine aussitôt les dégâts causés aux paysages et à l’environnement (zones naturelles consacrées aux sports mécaniques, campings envahissants, remblaiements de zones humides,…), les structures aussi voyantes qu’inesthétiques (toboggans géants, Titanic gonflable en plein naufrage (tout un symbole), bateau pirate, …), les corons chers à Pierre Bachelet (multiplication de lotissements sans arbres, rangs serrés de mobil homes ou de pseudo-paillottes), les friches industrielles (dépôts de gravats, zones de loisirs inutilisées hors saison,   ), les risques encourus (incendie en période de pointe, submersion, routes saturées dangereuses, …), etc.

Par contre, ce concept gomme ce qui fait l’attrait de notre commune : son environnement exceptionnel et varié qui constitue sa véritable richesse mais que menace cette même industrie touristique. Or, Philippe Gadreau n’a pas eu un mot sur un quelconque projet qui irait dans le sens de la protection et de la mise en valeur de nos espaces naturels ! Si on doit axer les projets communaux sur le soutien à une mono-économie touristique, il ne faut pas ignorer non plus le développement d’un tourisme vert qui s’accommodera mal des méfaits d’une « industrie du tourisme ».

Réaménagement du square de l'Océan

C’est un lieu de passage très fréquenté, à l’entrée de la plage et de la promenade des 2 phares, devant la confiserie BB et le restaurant l’Éclade. M. le Maire parle de dallages, de mobilier urbain, d’un kiosque où l’on pourrait jouer de la musique en fin d’après-midi, et d’attractions sur le thème de l’eau. Espérons qu’il se souvient que cet espace se trouve dans la bande des 100 m (loi Littoral). Espérons aussi que lesdites attractions seront de bon goût et ne gâcheront pas ce qui reste du paysage dunaire sauvage que nous aimons, comme le feraient surement certaines attractions auxquelles nous faisions allusion plus haut.

Un tennis couvert dans la pinède de La Palmyre ?

Six terrains de tennis, utilisés surtout à la belle saison, sont cachés dans la pinède de la Palmyre. Certains ne sont qu’à 200 m environ du littoral. Selon M. le Maire, un tennis couvert permettrait le maintien de la pratique et de l’enseignement de ce sport en toutes saisons, et l’organisation de tournois. Il faudra donc prévoir, outre un tennis couvert assez vaste pour accueillir des spectateurs, un clubhouse, des vestiaires, des parkings, … Et, on le sait, un terrain de tennis couvert est rarement esthétique.

Un des tennis de La Palmyre. Au fond, la baie de Bonne Anse

 

Compte tenu de son empreinte au sol, de sa hauteur (sans doute voisine de 10 m) et de ses dépendances, ce tennis couvert sera difficilement masqué par ce qui restera de la pinède après son implantation. Doit-on détruire encore un peu de cette pinède de bord de mer qui participe à la beauté du site, pour une clientèle que des pratiquants de la commune trouvent bien peu nombreuse par rapport au coût et à l’impact du projet ?

Renforcer les digues, mais pas seulement…

M. le Maire ne s’est pas appesanti sur ce sujet qui reste pourtant très préoccupant. On sait que sur nos quelque 3 km de digues, certaines sont à revoir complètement (celles du port, notamment), et toutes sont à consolider en permanence et après les tempêtes hivernales. L’exemple des enrochements installés récemment près du Club Med est présent dans tous les esprits.

Le problème posé par la défense à la mer ne se limite pas au simple renforcement des digues et dépasse de loin la durée du mandat d’un maire. Il mérite une véritable réflexion et une prospective appliquées au long terme. En tout cas, le budget qui lui est dévolu (400 k€) dans cette prospective semble bien optimiste au regard des risques encourus et des sommes prévues pour soutenir l’industrie touristique.